Campagne au Nord : Quand Soro frappe le RDR là où ça fait mal

Guillaume Soro, le 18 avril 2019 à Dabakala


Guillaume Soro frappe le RDR là où ça fait mal au Nord. Au terme d’une tournée de trois semaines environ qu’il l’a conduit dans tous les hameaux du département de Dabakala, le député Guillaume Soro a pris rendez-vous, samedi dernier, avec les populations du chef-lieu de département.

Pour ce meeting de clôture, ce fut un véritable moment de communion entre l’ex président de l’Assemblée nationale et ses hôtes. Durant tout le temps passé dans cette localité, Guillaume Soro, qui tenait vraiment à vivre et toucher du doigt les difficultés des populations, a littéralement épousé le vécu quotidien de ces dernières.

Il est allé jusque dans les contrées les plus reculées. Il a dormi dans des villages sans électricité, c’est-à-dire sans le moindre ventilateur, à la merci des moustiques. Il a bu l’eau et mangé  la nourriture qu’on lui a proposées. Au quotidien, il a relevé les besoins même primaires des gens.

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Et des témoignages recueillis, il s’est certainement aperçu que leurs besoins sont nombreux, pire, qu’une frange importante croupit sous un amas de souffrances. Constats aux antipodes des discours que le Rhdp Rdr distille chaque jour à qui veut l’entendre. «(…) J’ai visité près de 100 villages.

J’ai fait plus d’une dizaine de forages. On a commencé à construire plusieurs écoles. On va achever l’église de Gninmeinin, les mosquées de Satama-Sokoura, Natéré Diouladougou et bien d’autres. Je l’ai fait avec mon cœur. Je l’ai fait parce que je suis votre fils.

Je l’ai fait pas pour que vous puissiez voter pour moi pour que je devienne maire de Dabakala ni député ou encore président du conseil régional du Hambol. Je l’ai fait parce que je ne supportais pas la pauvreté. Je ne supportais pas de voir les populations boire de l’eau sale.

Papa Kiyali, je suis allé dans des villages, quand on m’a donné de l’eau, j’ai bondi dessus croyant que c’était du Tchapalo. On m’a dit non, ce n’est pas du Tchapalo mais de l’eau. Je dis comment ça ? Alors que j’étais à Abidjan, je croyais que tout allait bien au Nord. Mais tout ne va pas bien.

Nos parents sont pauvres. L’anacarde est acheté à 100 francs, 150 et souvent 200 francs. Si je n’étais pas venu, je n’aurais pas connu ces problèmes. Au lieu que les gens qui sont au gouvernement se fâchent contre moi, ils doivent plutôt me dire merci parce que je suis venu leur montrer quels sont les problèmes dans le département de Dabakala.

Et je demande au gouvernement de venir incessamment à Dabakala sur mes traces afin de sortir le Djimini et le Djamala de la pauvreté. Chers chefs de cantons, chers chefs de village, ne faites pas comme avant. Ne venez pas leur demander des forages parce que les forages, nous pouvons les faire.

« Je me suis promené dans le Djimini et le Djamala, le bitume ne suffit pas. Dites-leur de mettre des trains pour sortir les produits des brousses. Le développement, ce sont les routes mais c’est aussi les rails »

Il faut qu’ils vous donnent du bitume. Et puis dites-leur que vous n’êtes pas des mendiants. Vous ne voulez pas les billets de 500 francs sortis des banques. Qu’ils achètent votre anacarde à 500, 1000 francs. Comme cela, vous aurez votre propre argent. Vous serez fiers d’avoir votre argent à la sueur de votre front et non en tendant la main comme les mendiants.

Je me suis promené dans le Djimini et le Djamala, le bitume ne suffit pas. Dites-leur de mettre des trains pour sortir les produits des brousses. Le développement, ce sont les routes mais c’est aussi les rails. Qu’ils viennent construire cela aussi.

Demandez-leur pour votre dignité, pour laquelle vous vous êtes battus, de vous donner des cartes d’identité gratuitement comme on l’a fait en 2009. Ne venez pas leur demander de l’argent pour vous-mêmes parce que même si on donne de l’argent à un chef, s’il doit le distribuer à la population, on va se retrouver avec combien ? 25 francs. Est-ce qu’on va vendre nos dignités pour 25 francs ? Demandez-leur des choses qui peuvent développer le département.

Et ces choses, il y a la gratuité de la carte d’identité, le prix de l’anacarde, le goudron et relier Dabakala au réseau ferroviaire. De la même façon, les deux chefs de canton ont relié Ferké et Dabakala », fait savoir Guillaume Soro. Au Nord donc, à contrario de ce que des cadres RHDP RDR font croire, des populations n’ont même pas droit à de l’eau potable pour espérer de l’électricité, du bitume, en un mot le développement.

D’où, son invite au gouvernement à lui emboiter le pas afin que ces populations de la localité ressentent un tout petit peu les effets de la croissance dont on parle tant. L’ex président de l’Assemblée nationale a touché là où ça fait mal au Rhdp Rdr. Les prochaines étapes de la tournée promettent donc.

P.K.

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