L’attaque de Boungou pose le problème du sous-équipement des FDS

Le chef d'Etat major des armées burkinabé, le Général Moïse Minoungou réconfortant ses troupes dans le Nord

Le mercredi 6 novembre 2019, 38 civils ont été tués (chiffre officiel), lors de l’attaque de cinq autobus transportant des travailleurs de la mine de Semafo, dans l’est du Burkina Faso. Des voix se sont élevées pour dénoncer ce drame et demander où étaient les militaires qui assuraient la garde du convoi de Boungou.

C’est l’une des attaques les plus meurtrières enregistrée au Burkina Faso depuis le début des violences djihadistes il y a trois ans. Le convoi d’autocars de la compagnie minière canadienne Semafo, à environ 40 km de la ville de Boungou, dans l’est du Burkina Faso, a fait 38 morts et une soixantaine de blessés le mercredi 6 novembre dernier.

Une question est de savoir comment un convoi d’une telle ampleur a pu être attaqué par des terroristes avec un bilan aussi lourd sans que les militaires ne réagissent ? Selon le bilan dressé par les autorités gouvernementales, l’on n’a enregistré aucun membre des Forces de défense et de sécurité (FDS) tué. Pourtant, ce sont eux qui assuraient la sécurité du convoi. A cette interrogation, il y a un début de réponse si l’on s’en tient au témoignage d’un rescapé.

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« Les échanges de tirs entre nos militaires et les terroristes n’ont pas duré plus d’un quart d’heure. Par la suite, il n’y avait que les tirs des terroristes seulement qu’on entendait. Nos militaires avaient disparu et les terroristes étaient seuls à bord, de 9 h 30 jusqu’aux environs de 12 h, lorsque le premier renfort est arrivé. Nous avons appris plus tard que c’est parce que nos militaires n’avaient plus de munitions », a-t-il témoigné.

Convoi Boungou Attaque de Semafo Boungou le 6 novembre 2019
Attaque de Semafo Boungou le 6 novembre 2019

Visiblement, les FDS n’avaient pas assez de moyens comme les assaillants et ont préféré se « chercher’’. En clair, cette énième attaque du Burkina Faso pose le problème d’une armée sous-équipée, mal formée pour lutter contre le terrorisme. En définitive, les Forces de défense et de sécurité burkinabè paient un lourd tribut depuis la montée, ces cinq dernières années, de la menace de groupes Djihadistes armés affiliés à Al-Qaida et à l’Etat islamique.

« Il n’y avait que les tirs des terroristes seulement qu’on entendait. Nos militaires avaient disparu »

Convoi Boungou et sous-équipement des FDS

Dans un communiqué daté du 26 juin, le ministre d’Etat, ministre de la Défense, Moumina Chériff Sy avait lancé une campagne de « recrutement exceptionnel » de 500 militaires du rang, au profit des Forces armées nationales, nés entre le 1er janvier 1996 et le 31 décembre 1998. Quant au Président Roch Marc Chrisitian Kaboré, de plus en plus critiqué quant à sa panne de stratégie, lui qui est le chef suprême de l’armée ; il a lancé un appel à la mobilisation patriotique. Un appel qui cache mal le problème de fond : le sous-équipement des FDS.

Le vendredi 11 octobre 2019, une attaque contre des fidèles qui priaient à la grande mosquée de Salmossi avait fait au moins 16 morts, à une vingtaine de kilomètres de Gorom-Gorom, l’une des grandes villes du Nord. Le dimanche 8 septembre 2019, 29 personnes avaient été tuées dans deux attaques distinctes, dans deux localités de la province du Sanmatenga, dans le nord du Burkina Faso.

Karina Fofana

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