Assoa Adou : « Le nouveau contexte appelle que le PDCI et le FPI se mettent ensemble « 

Le Général Gaston Ouassénan Koné, Assoa Adou, Henri Konan Bédié et Maurice Kakou Guikahué à Daoukro

Assoa Adou, secrétaire général du Front populaire Ivoirien (FPI de Laurent Gbagbo a animé une conférence de presse le lundi 27 mai. Ci-dessous, l’intégralité de son échange avec la presse.

Abordant la question de la récente rencontre entre les émissaires des présidents Bédié et Laurent Gbagbo à Bruxelles, Assoa Adou a affirmé que cela s’inscrit dans la vision du président Laurent Gbagbo qui a décidé de faire de la réconciliation son cheval de bataille.

Réconciliation nationale

Le président Laurent Gbagbo a toujours fait du dialogue l’axe principal de son action politique. J’aime répéter, ce n’est pas un choix tactique, c’est-à-dire circonstanciel. C’est une ligne fondamentale, une ligne stratégique. Pour ceux qui ont lu son ouvrage, ‘’pour une alternative démocratique en Côte d’Ivoire’’, vous verrez que dès cette époque, c’est-à-dire la période qui a suivi la chute du mur de Berlin, il avait déjà opté fermement pour l’accession au pouvoir par la voix pacifique.

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Il a toujours condamné la violence politique. En 2000, lorsqu’il est arrivé au pouvoir, tout de suite, il a tenté de réunir tous les fils de ce pays pour que nous puissions nous entendre, afin de définir les règles du jeu et aller à une compétition pacifique. Je peux parler de ça parce que quelque part, il m’a fait jouer un rôle important. C’est moi qui suis parti dans le village du général Gueï, une nuit, j’étais accompagné par un de nos camarades, qu’on appelait le petit Yacouba de Gbagbo, Siaba Hervé, discuter avec lui et lui dire que son frère qui l’appelait Bob, souhaite qu’il vienne à Abidjan pour qu’on se réconcilie, pour que la Côte d’Ivoire aille à la paix.

Après la discussion qui a duré toute la matinée, il nous a dit : ‘’ j’ai compris, je vais l’appeler’’.  Il n’est pas le seul. Vous savez bien que monsieur Ouattara et monsieur Bédié étaient en exil à l’extérieur, il les a fait venir en remplissant toutes leurs conditions. C’est-à-dire maison, literie, vaisselle, véhicule. Eux-mêmes, ils ont fait une liste de militaires qu’ils voulaient comme gardes du corps. Ils lui ont donné, il a satisfait à ces demandes.

Et ils sont venus, mais vous savez dans les discussions politiques, ce n’est pas tout le monde qui est de bonne foi, d’autres peuvent dire oui alors que derrière, ils ont un agenda caché.  Malheureusement, les 7 et 8 janvier 2001, il y a eu les attaques ; la prise de la radio au Plateau. Mais on a pu se tirer d’affaire. En septembre 2002, alors qu’il était en Italie, il y a eu cette attaque massive avec le massacre de nos militants et surtout de l’un de nos responsables, le ministre d’Etat, Boga Doudou.

Mais le président Laurent Gbagbo n’a jamais baissé les bras en ce qui concerne la lutte pour une Côte d’Ivoire pacifique. C’est pourquoi, il a continué à négocier. Jusqu’à accepter de nommer comme premier ministre celui-là même qui a conduit les opérations qui ont abouti à l’assassinat de Boga Doudou. Pour Laurent Gbagbo, c’est une constance. Oui nous croyons à cette réconciliation parce que c’est l’histoire de l’Afrique, c’est l’histoire de notre pays que nous autres Africains, malgré nos divergences, nous devons écrire.

Pour ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’Afrique et à l’histoire de la Côte d’Ivoire. Vous savez, pour ce pays, pour ce continent, nous avons souffert. Aujourd’hui, il y a un nouveau contexte qui appelle que nous nous mettions ensemble. Nous avons l’obligation, nous avons le devoir de faire la paix. De consolider la cohésion interne, la cohésion sociale, c’est ça qui va nous permettre de résister. Celui qui refuse, c’est qu’il ne veut pas de paix en Côte d’Ivoire.

En tout cas, le président Laurent Gbagbo insiste et il demande aux militants du FPI, il demande aux amis du FPI, il demande à toutes les formations politiques. C’est pourquoi j’ai remercié tout à l’heure le président Bédié. Le président Bédié n’était pas avec nous, mais il a compris que ce pays a besoin de paix, les militants du PDCI RDA doivent comprendre. Le président Félix Houphouët-Boigny disait qu’on ne se bat pas au chevet d’une mère malade. La Côte d’Ivoire est malade, la Côte d’Ivoire est dans le coma.

Dans le communiqué que nous avons signé à Daoukro, le président Bédié insiste sur la réconciliation. Le cas de Béoumi est un cas révélateur, Dieu nous parle. Ce qui s’est passé à Béoumi veut dire « faites attention, quelque chose de grave va arriver. » Personne ne voit Dieu mais les évènements qui se passent sonnent comme des sons de cloches pour attirer notre attention. Des jeunes qui se battent, ça arrive depuis tout le temps dans le pays, mais de là à provoquer un conflit communautaire, nous devons comprendre que l’urgence n’est pas de parler de CEI mais de parler de réconciliation.

C’est comme en mathématique, la CEI reformée, c’est nécessaire, mais notre survie dépend de la réconciliation, c’est-à-dire que si nous ne faisons pas la réconciliation, demain, ce sont des RGP et des lance-roquettes que nous allons sortir pour s’entretuer. C’est pourquoi le président Bédié insiste tout comme le président Gbagbo lance un appel à la réconciliation. Nous lançons un appel au RHDP, c’est-à-dire le RDR et à ses satellites de s’asseoir à la même table pour discuter afin que nous retrouvions les meilleures conditions pour que ce pays soit réconcilié.

La plateforme de Bédié

Nous étions avec le président Bédié, c’est lui qui a lancé la plateforme, le communiqué qu’on a signé à Daoukro, il a veillé à chaque terme. Il était assisté par le général Ouassénan Koné et le ministre Emile Constant Bombet. Ils savent pourquoi ils nous ont fait écrire et signer ce document. Vous allez parler d’autre chose alors que le pays est en feu ? Non.

2020 avec le PDCI-RDA

Chaque chose en son temps. Quand ça va arriver, ceux qui vont se mettre ensemble seront ensemble. Ceux qui veulent s’isoler vont s’isoler.

Crise au FPI

Pour nous, il n’y a pas de dissensions internes au FPI. Il n’y a pas de dissensions internes parce que tout le monde sait que toutes les formations politiques dignes de ce nom ont des statuts et un règlement intérieur, et le parti politique fonctionne par rapport au règlement intérieur. Selon le règlement intérieur, le président du Front populaire Ivoirien est le président Laurent Gbagbo.

Dans l’exposé liminaire, je vous ai dit que le pouvoir en place essaie de fragmenter, essaie de détruire les autres formations politiques pour arriver à la situation de parti unique. Ils ont commencé avec le FPI, alors que les textes du FPI disent que Affi N’guessan n’est plus le président du FPI. Ils le savent si bien que lorsque le tribunal a tranché, la cour d’appel a dit qu’elle ne devait pas se prononcer sur la question. Et qu’elle était incompétente. Ils voient où il y a la vérité mais ils veulent sauver leur pain.

C’est-à-dire que s’il reste Affi seul avec deux ou trois personnes, le pouvoir dira toujours que c’est Affi qui est le président du FPI. Il est utile pour empêcher le FPI d’avancer, malheureusement pour eux, le FPI avance. Le communiqué que le FPI a signé avec le PDCI RDA est là pour vous prouver que les hommes politiques savent où il y a la vérité. Le reste, le FPI est dans la même situation que le MFA, ils ont arraché le parti d’Anaky.

Le PIT vit la même situation, tous les partis politiques même le PDCI RDA. Vous savez, nous, nous sommes de culture africaine. En Afrique, on n’insulte pas les ainés, en Afrique, on n’insulte pas son chef. Mais s’il y a des différends entre vous, il y a une manière polie de régler ce différend. Aujourd’hui, ce sont les injures. Que ce soit au niveau du FPI, que ce soit au niveau du PDCI, les gens injurient leur chef. Ça, ce n’est pas Africain. Cela ne fait pas partie de notre culture. Donc pour nous, il y a un seul FPI dirigé par Laurent Gbagbo.

Réconciliation nationale en Côte d’Ivoire Bédié et Gbagbo sur la même longueur d’onde

Convergence d’idées, vision partagée pour une réconciliation vraie en Côte d’Ivoire. C’est la posture affichée par les leaders du Pdci-Rda, Henri Konan Bédié et du Fpi, Laurent Gbagbo. Ces deux personnalités, après plusieurs échanges téléphoniques ont instruit leurs émissaires à formaliser leur volonté de se donner la main pour s’engager dans une dynamique de réconciliation des Ivoiriens.

« (…) Les deux (2) parties se sont félicitées de la volonté, clairement exprimée, des Présidents Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo, de parvenir à une réconciliation durable de l’ensemble des Ivoiriens, pour une Côte d’Ivoire résolument tournée vers le développement et le progrès social », indique le communiqué qui a sanctionné la séance de travail que le Pdci-Rda, avec à sa tête son président Henri Konan Bédié, a eue avec les émissaires de Laurent Gbagbo, à Daoukro, le 23 mai dernier.

Le président Laurent Gbagbo montre ainsi, à travers ses émissaires dont la délégation était conduite par Assoa Adou, qu’il est en phase avec le président du Pdci-Rda. Mieux qu’il partage sa vision et entend œuvrer à ses côtés pour une réconciliation des Ivoiriens.

Toute chose qui vient comme une réponse à la démarche du président Henri Konan Bédié qui, quelques jours avant, avait envoyé une délégation du Pdci-Rda conduite par le ministre Maurice Kakou Guikahué, à Bruxelles. Objectif, présenter au président Laurent Gbagbo la vision du président Bédié pour la Côte d’Ivoire et solliciter l’implication et le soutien de l’ex-chef l’Etat. Cette rencontre s’est tellement bien passée que les deux parties (Fpi-Pdci) « ont affirmé leur détermination pour la préservation des acquis démocratiques en Côte d’Ivoire en vue de sauvegarder l’autonomie des partis politiques et la non-ingérence du pouvoir exécutif dans le fonctionnement de ceux-ci. ».

Cette vision désormais partagée, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié désormais sur la même longueur d’onde ont décidé de faire de la réconciliation des Ivoiriens l’axe majeur de leur rapprochement.

Lance Touré

Assoa Adou : “Avec le PDCI, ce n’est pas un choix circonstanciel mais une logique fondamentale”
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