Appel à témoins après l’exhumation du corps de DJ Arafat : La police a-t-elle oublié les profanateurs du domicile de Bédié ?

Abdoul Awassa et ses complices qui ont profané le domicile de Bédié courent toujours

La Police ivoirienne a lancé le lundi 2 septembre, un appel à témoins suite à la profanation de la tombe de DJ Arafat, artiste du coupé-décalé, décédé accidentellement, le 12 Août dernier.

Quelques heures après son inhumation le samedi 31 Août, des personnes supposées être des fans de ce dernier, ont profané sa tombe, ouvert le cercueil afin de s’assurer qu’il s’agissait bel et bien de la dépouille de leur idole. Abomination ! Des jeunes, supposés également être des fans de l’artiste se sont attaqués à des automobilistes pour saccager leur voiture, à des feux tricolores qu’ils ont brisés et érigé des barricades, pour protester contre leur non accès au cimetière de Williamsville, où a eu lieu l’inhumation de l’artiste.

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Notre pays, la Côte d’Ivoire est coutumier de ce genre de fait, qui commande que les pouvoirs publics prennent leur responsabilité et agissent avec la plus grande fermeté pour que ces choses ne se reproduisent. Seulement, à y voir de près, la réaction des gouvernants face à ce genre de dérives qui n’honorent pas le pays, se fait à la tête du client. De façon partiale.Tantôt, on laisse des jeunes clairement identifiés agir impunément. C’est le cas de cette horde de jeunes qui a assailli la résidence de l’ancien Chef de l’Etat de Côte d’Ivoire, Henri Konan Bédié (1993-1999), le mardi  11 juin 2019, pour y déverser du sang aux alentours. Ces jeunes ont pris le soin de se filmer, puis après avoir déversé le sang qui était contenu dans un arrosoir, ils ont même entonné l’Abidjanaise avant de quitter les lieux. En son temps, aucune interpellation n’a été enregistrée.

Ces jeunes avaient-ils l’autorisation de manifesté devant la cour de M. Bédié qui, il faut le rappeler est un ancien Président de la République ? Est-il autorisé que des individus déversent du sang, fut-il celui d’un poussin, d’un coq ou d’un bouc barbu devant la résidence d’autrui ? Ces faits n’étaient-ils pas susceptibles de troubler l’ordre public, au regard du statut de M. Bédié (ancien Chef de l’Etat et président de la plus vieille formation politique du pays) ? Ni le procureur de la République, ni les autorités policières, encore moins le Préfet de la ville d’Abidjan, n’a levé le petit doigt.

Et pourtant, déverser du sang humain( ?) comme l’ont affirmé certaines personnes devant une résidence privée, ressemble à une profanation, un rituel condamnable. Même si nos autorités estiment que la résidence de M. Bédié peut recevoir à tout moment, des gens qui viennent déverser du sang humain, elles doivent au moins procéder aussi à des interpellations, pour rechercher l’origine de ce sang.

 Est-ce du sang acheté à la banque de sang de Treichville ?

Ou du moins, elles doivent ouvrir une enquête pour connaître la vraie nature de la substance qui a été déversée, afin de mettre fin aux supputations. Le gouvernement de la Côte d’Ivoire, ceux qui nous dirigent, choisissent de monter au créneau lorsqu’il s’agit des faits qui les intéressent. Et la profanation de la tombe de DJ Arafat, dont les obsèques ont été financées officiellement, à hauteur de 150 millions de francs CFA, intéresse le Préfet d’Abidjan, la Police Nationale et bien d’autres personnalités.

Nombre d’Ivoiriens s’interrogent. Ils pensent même que le gouvernement fait deux poids deux mesures dans le règlement de certaines affaires du pays. Non ! Ces derniers ne sont pas trop informés sur ce qui se passe dans les pays émergents. Souvenez-vous chers compatriotes, la Côte d’Ivoire sera émergente dans quatre petits mois au maximum, en 2020 comme l’ont prédit et promis nos dirigeants. Si vous voulez donc, c’est un avant-goût de ce que nous allons vivre quand notre pays sera émergent, en 2020. Attachez bien vos ceintures…

Il faut donc retrouver ceux qui ont profané la tombe de notre « meilleur » artiste de tous les temps. Le Procureur de la République annonce l’ouverture d’une enquête, la Police Nationale identifie des individus et lance un appel à témoins et le Préfet de la ville d’Abidjan annonce de son côté, déjà douze arrestations. J’encourage toutes ces initiatives, même si j’estime que beaucoup de faits qui se sont produits dans notre cher pays méritaient aussi l’agar de nos autorités.

« Le pasteur David Aimé Jérémy, celui qui a promis de ressusciter l’artiste aux milliers de fans. Ses déclarations sur les réseaux sociaux ont parfois donné un brin d’espoir aux fans de l’artiste »

Seulement, qui voulons-nous arrêter dans l’affaire de la profanation de la tombe de DJ Arafat ? Ceux qui étaient au cimetière de Williamsville et qui ont sorti le cercueil du tombeau ? Ceux qui ont ouvert le cercueil, ou encore ceux qui ont photographié le corps ? De mon point de vue, nos autorités doivent aller plus loin. Ils ne doivent pas s’arrêter à ceux qu’on peut considérer comme des manipulés. Car, en réalité, dans cette affaire de la mort de DJ Arafat, il y a des gens qui ont manipulé les esprits des fans de l’artiste, et c’est en partie l’une des raisons qui ont conduit à cette profanation.

Le pasteur David Aimé Jérémy, celui qui a promis de ressusciter l’artiste aux milliers de fans. Ses déclarations sur les réseaux sociaux ont parfois donné un brin d’espoir aux fans de l’artiste qui croyaient naïvement, qu’il pouvait ressusciter leur idole. Les déclarations de ce dernier étaient de nature à troubler l’ordre public. Il mérite d’être interrogé.

Sur les réseaux sociaux, il y a aussi un groupe d’individus qui ne cessaient de publier des messages tendant à faire croire que derrière la mort de l’artiste, se trouvent des mains occultes. Ils ont même pointé du doigt, des personnalités de ce pays qu’ils ont présenté comme étant ceux qui ont sacrifié l’artiste pour renforcer leur pouvoir mystique. Ces derniers, dans la suite logique de leur développement, faisaient croire que des gens avaient intérêt à garder le corps de l’artiste par devers eux.

« Il ne faut pas se limiter à ces jeunes qui ont cru naïvement que DJ Arafat était immortel. L’artiste ne disait-il pas dans l’une de ses chansons qu’il bénéficiait de cent ans de protection ? »

Face à ce décor, les fans de l’artiste n’avaient autre choix que de vouloir s’assurer qu’il s’agissait du corps du président de la Chine, et que ce corps n’a servi à aucun rituel comme certains le faisaient croire. Sans vouloir dédouaner leur acte, voilà ce qui les a poussés. La preuve, lorsqu’ils ont sorti le corps du cercueil, c’est ce qui ressorti des conversations qu’ils ont eues. Certains ne disaient-ils pas : « Cest Yôrô », d’autres rétorquaient : « Ce n’est pas Yôrô ».

Les Ivoiriens sont donc d’accord qu’on veuille rechercher les auteurs de la profanation de la tombe du Daishikan comme l’appellent affectueusement ces fans. En espérant que désormais, nos autorités seront regardantes sur toute sorte de profanation dans le pays, il ne faut pas se limiter à ces jeunes qui ont cru naïvement que DJ Arafat était immortel. L’artiste ne disait-il pas dans l’une de ses chansons qu’il bénéficiait de cent ans de protection ?

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