Amadou Soumahoro à Mankono : « Le pouvoir RHDP est comme un grand serpent, Ouattara tient la tête »

Amadou Soumahoro à Mankono le 17 août 2019

Amadou Soumahoro à Mankono. En visite samedi 17 août 2019, dans la région du Béré, précisément à Mankono, le président de l’Assemblée nationale, s’est encore illustré de la plus mauvaise des manières, dans un discours renvoyant au communautarisme et à la haine contre tous ceux qui ne sont pas du RHDP, le parti au pouvoir du président Alassane Ouattara.

« Notre pouvoir-là (RHDP), c’est comme un grand serpent. Le président a la tête entre les mains. Nous autres, sommes assis sur les autres parties. Si on se lève et que la tête échappe au Président (Alassane Ouattara), nous allons nous chercher tous un à un. Prions pour que la tête du serpent ne lui file pas entre les doigts », a-t-il averti les populations de Mankono.

« Les gens ne nous aiment pas. Et nous-mêmes, on ne s’aime pas. Laissons les palabres entre nous. C’est notre heure du développement. Ça ne doit pas être l’heure de nos palabres. Notre mésentente fatigue le Président. Entendons nous. Entourons le président. Taisons nos querelles », a-t-il ajouté.

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Comme on le voit, le président de l’Assemblée nationale a profité de cette visite familiale pour appeler ses parents au repli identitaire pour la conservation du pouvoir en 2020, tout en leur dressant contre les anti RHDP. Amadou Soumahoro communément appelé « cimetière » est coutumier de ce genre de dérives langagières. En 2012, dans une interview accordée au quotidien Le Patriote, journal proche du RHDP, ce dernier, alors secrétaire général par intérim du RDR, avait menacé de conduire les hommes politiques et aussi les journalistes qui s’attaqueraient désormais à Alassane Ouattara au cimetière.

« Les gens ne nous aiment pas. Et nous-mêmes, on ne s’aime pas. Laissons les palabres entre nous. C’est notre heure du développement » (Soumahoro)

« Nous ne pouvons pas accepter, désormais que des journalistes ou des hommes politiques racontent des contrevérités sur le compte du président Alassane Ouattara, c’est inadmissible (…). Nous n’accepterons plus que le président Ouattara soit attaqué comme ils le font, d’abord de façon mensongère et ensuite de façon grossière », avait-il déclaré.

Amadou Soumahoro à Mankono et ailleurs

Pire, en 2016, lors d’une conférence de presse du directoire du RHDP qu’il dirigeait, Tchomba avait invité le PDCI d’Henri Konan Bédié à ne pas faire alliance avec le FPI de Laurent Gbagbo. « Nous avons fait alliance avec le FPI. Est-ce que le PDCI connait le FPI. Quand vous mettez le FPI au pouvoir, vous êtes la première victime. Faisons nos palabres, mais ne perdons plus le pouvoir d’Etat. Si on perd le pouvoir, que Dieu nous en garde, nous nous retrouverons en exil avec nos femmes, nos petits-enfants. Jouons avec tout, ne jouons pas avec la perte du pouvoir » avait-il mis en garde à l’époque.

Et d’insister : «Je préfère les palabres au pouvoir que les palabres en exil. S’ils reviennent par accident au pouvoir, s’en est fini pour la famille Houphouëtiste ». Récemment, il avait menacé de mort le député de Dianra, Gnangadjomon Koné, un proche de Guillaume Soro, après que celui-ci a prononcé l’expression « Amadou cimetière », au cours d’un meeting de l’opposition parlementaire.

« Gnangadjomon, tu m’as insulté au meeting…Tu m’as appelé Amadou Cimetière. On ne m’insulte pas ! Tu vas payer ça (3 fois) ! Tu vas payer ça au plus fort (3 fois) ! Tu oses m’insulter pour faire plaisir à Guillaume Soro », avait relaté le député en question sur sa page Facebook, après des échanges téléphoniques avec le président de l’Assemblée nationale.

En vérité, à l’image du RHDP et du régime actuel, Amadou Soumahoro a perdu toute sérénité face aux critiques objectives des Ivoiriens sur la gestion du pouvoir d’Etat par Alassane Ouattara.

Moïse Yao K.

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