Affi sur Africa 24 : « Si Gbagbo doit être notre candidat, nous nous rassemblerons autour de lui »

Pascal Affi N'Guessan, président du FPI

Le président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N’Guessan a accordé une interview à la chaîne de télévision Africa 24 ce jeudi 31 octobre 2019. Ci-dessous l’entretien de Pascal Affi sur Africa 24.

(…) Dans la mesure où l’acquittement du président Laurent Gbagbo par la CPI offrait une opportunité de relancer le processus de réconciliation nationale en panne depuis plusieurs années. Malheureusement nous notons que les personnalités au pouvoir en Côte d’Ivoire n’entendent pas contribuer à la paix et la stabilité dans le pays et veulent mettre de l’huile sur le feu. C’est dommage ! Mais il nous appartient de nous mobiliser surtout que nous sommes à un an des élections, de manière à mettre fin à ce mélodrame dans les 12 mois à venir.

Comment interprétez-vous le fait que les autorités Ivoiriennes aient déposé une demande auprès de la CPI pour s’opposer à la libération sous condition de l’ancien président ivoirien ?

La signification est claire. Ce pouvoir a peur du président Laurent Gbagbo, a peur de ce qu’il pourrait apporter à la Côte d’Ivoire en termes de changement politique. Mais elles devraient comprendre qu’aujourd’hui il n’y a pas un artisan de paix aussi important que le président Laurent Gbagbo. C’est avec lui que la réconciliation nationale peut être une réalité concrète et je crois qu’on aurait tort de vouloir l’écarter arbitrairement de la scène politique. On devrait au contraire favoriser son retour pour qu’ensemble, avec tous les ivoiriens, nous construisions la paix et la stabilité dans ce pays.

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Vous dites que les autorités Ivoiriennes ont peur du retour de Laurent Gbagbo, vous donc, en avez-vous pas peur qu’il revienne en Côte d’Ivoire sachant qu’aujourd’hui une frange du FPI lui est encore fidèle ? Est-ce que finalement ce dénouement ne fait pas un tout petit peu vos affaires ?

Non, au contraire. Si le président Laurent Gbagbo retrouve le pays, la crise prend fin automatiquement. Aujourd’hui, c’est le fait que le président Laurent Gbagbo soit hors de Côte d’Ivoire dans les liens de la détention qu’on le veuille ou pas que le parti est divisé. Mais s’il revient et qu’ensemble nous devons nous réengager dans la vie politique, nous sommes condamnés à nous rassembler. Si c’est le président Gbagbo qui doit être notre candidat, forcément nous nous rassemblerons autour de lui. Si c’est quelqu’un d’autre qui doit le faire, forcément allons. Donc le retour du président, c’est la solution pour mettre fin à la crise.

Vous êtes prêts aujourd’hui à vous écarter pour laisser la place au président Laurent Gbagbo s’il revient en Côte d’Ivoire ?

Bien sûr, s’il jouit de tous ses droits pour être candidat. Mais aujourd’hui, au sein de sa famille politique, il est le plus en avance. Il a gouverné ce pays, il est fondateur du parti, il a davantage d’atouts, il a une volonté de contribuer à la réconciliation. Si ce sont ces éléments qui sont avancés, il n’y a pas de raison que nous ne nous rassemblions pas autour de lui.

Quel est à ce jour la nature de vos relations avec Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ?

Les rapports avec monsieur Charles Blé Goudé ne sont de la même nature que les rapports avec le président Gbagbo. Autour du président Gbagbo, il y a un certain nombre de personnalités qui n’ont pas forcément intérêt à ce que nous nous rencontrions. Parce que ces personnalités n’appartiennent pas au Front populaire ivoirien, parce que ces personnalités ne travaillent pas dans l’intérêt du Front populaire ivoirien et veulent utiliser le président Gbagbo pour décapiter le FPI de manière à ce que les militants du FPI servent une autre cause.

Il y a une main invisible qui empêche toute rencontre…

Oui disons, c’est connu en Côte d’Ivoire. Il y a des gens qui travaillent d’arrache-pied pour empêcher que le président Gbagbo et nous nous rencontrions.

De qui s’agit-il ?

Je voudrais ne pas donner de nom mais je suis persuadé que les Ivoiriens savent de qui il s’agit.

Alors à un an de la présidentielle ivoirienne, une autre question monte dans ce pays. Envisagez-vous vous portez candidat à ce scrutin ?

Je l’ai déjà dit que je serai candidat à la candidature. Je voudrais respecter le droit des militants de choisir un candidat à travers un congrès mais je serai candidat à ce congrès.

Vous avez eu une tentative de rapprochement avec Henri Konan Bédié, et aujourd’hui, il semble vous avoir tourné le dos au profit de Charles Blé Goudé…

Non, au profit des dissidents des FPI

Alors en ce moment que l’opposition conteste la Commission électorale indépendant (CEI), vous avez fait le choix de la reconnaître, vous semblez aujourd’hui totalement isolé sur la scène politique Ivoirienne ?

Ça dépend. Isolé par rapport à qui, si c’est par rapport à une élite politique qui a un jeu qui n’est pas forcément lisible, oui. Mais si c’est par rapport aux Ivoiriens qui veulent la paix, la stabilité et qui veulent avancer, non nous ne sommes pas isolés. Parce que je suis persuadé que la posture à l’heure actuelle, c’est celle qui est partagée par la grande majorité des Ivoiriens.

Certains vous accusent au sein de l’opposition de faire le jeu du pouvoir, d’autres parlent même d’une prochaine adhésion au RHDP Unifié, qu’en-est-il ?

Oui mais vous savez en Côte d’Ivoire comme dans beaucoup d’autre pays, certains opposants croient que lorsque vous n’êtes pas d’accord avec lui, c’est que vous êtes avec le pouvoir mais nous sommes une opposition diversifiée avec des visions idéologies différentes, avec des styles d’action différents. Mais nous, nous avons notre style, nous avons notre posture, nous sommes pour la stabilisation du pays, nous sommes pour la paix, pour la réconciliation nationale, nous savons que les avancées dans un pays c’est de façon graduelle, de façon progressive c’est donc à travers des bouleversements et donc cette posture-là ne plaît pas à certains responsables politiques qui sont dans des logiques je dirai de chamboulements. Peut-être même dans des logiques insurrectionnelles mais ça ce n’est pas notre choix et nous, nous assumons notre choix avec responsabilité et nous savons que les Ivoiriens partagent cette posture et c’est avec eux que nous allons transformer le pays.

Propos retranscrits par Prince Beganssou

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