9 morts, 94 blessés, 300 déplacés internes à Béoumi : L’échec de la politique du « Rattrapage » de Ouattara

Le ministre Sidi Tiémoko Touré au chevet des blessés à l'hôpital de Béoumi, le 17 mai 2019

Le bilan des affrontements à Béoumi font état de 9 morts, 94 blessés, 350 déplacés internes. De nombreuses voix s’élèvent pour pointer l’échec de la politique du « Rattrapage » du Président Alassane Ouattara.

Tout était parti d’une altercation entre deux chauffeurs de moto-taxis, appartenant à deux communautés ethniques différentes (Baoulé et Malinké) le mercredi 15 mai 2019, au centre-ville de Béoumi. Cela s’était très vite mué en affrontements entre communautés autochtones et allochtones, alors que les tensions ethniques sont vives depuis la séparation du PDCI d’avec le RHDP et surtout après les dernières élections municipales.

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Au total, ce sont 9 morts, 94 blessés et quelque 300 personnes dont plusieurs enfants, déplacées internes, qui ont trouvé refuge dans l’enceinte de l’hôpital général de la ville, à en croire Victor Kouamé, directeur de cet établissement, faisant le point de la situation sanitaire au ministre de la Communication et des Médias, Sidi Touré.

Pour l’intellectuel ivoirien André Silver Konan, ce qui s’est passé à Béoumi est le résultat de l’échec du Rattrapage, une politique dite des minorités, mise en place par le Président Alassane Ouattara, à son avènement en 2011.

Rattrapage nauséabond

« Ayons le courage de le dire. La nauséabonde politique du « Rattrapage » qui a remplacé celle de l’Ivoirité, est la cause immédiate (je dis bien immédiate) de la résurgence des haines inter-communautaires. Ouattara a vraiment échoué à réconcilier les Ivoiriens et à créer chez l’Ivoirien, un esprit d’appartenance à une et une seule Nation. Je répète : ayons le courage de crever l’abcès », a déclaré l’éveilleur de consciences, qui a la particularité de dire haut ce que nombre de personnes pensent bas.

C’est le 25 janvier 2012, à l’occasion d’une interview accordée au journal français L’Express, que le Président Alassane Ouattara a utilisé pour la première fois le terme « Rattrapage ». Celui-ci se révélera une politique des « minorités » désastreuse pour l’unité nationale.

Répondant à la question de la « la nomination de nordistes aux postes clefs » de l’administration et de l’armée, Ouattara avait répondu : « Il s’agit d’un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité ».

Elvire Ahonon

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